Marquages blancs : un danger sous-estimé pour les deux-roues
Les marquages routiers blancs, en particulier ceux réalisés en résine thermoplastique pour les passages piétons, peuvent se transformer en véritables patinoires pour les motos et scooters dès que la chaussée est humide. Ce n'est pas une simple impression : il s'agit d'une réelle perte d'adhérence due à la différence de texture entre l'enrobé et ces surfaces plus lisses.
La difficulté réside dans le fait que ces zones se situent souvent là où l'on freine, tourne ou accélère : sorties de feux, entrées de rond-points, zones 30, traversées de carrefours. Trop souvent, les incidents sont classés comme de simples "pertes de contrôle", masquant le rôle de l'infrastructure dans la réalité du risque.
Pourquoi les marquages blancs deviennent-ils glissants sous la pluie ?
L'enrobé bitumineux possède une micro-texture qui facilite l'évacuation de l'eau. À l'inverse, une surface lisse comme un marquage poli ou une peinture usée peut retenir l'eau et créer un film continu, provoquant un aquaplaning localisé. Le pneu "surfe" alors sur l'eau au lieu d'adhérer à la route, entraînant une perte d'adhérence brutale, surtout en cas de freinage et d'inclinaison combinés.
Identifier les marquages les plus risqués
Il existe différents types de marquages, notamment la peinture acrylique, le thermoplastique, la résine époxy et la résine polyester. La dangerosité dépend autant du matériau que de son état de surface et de la qualité de la pose (température d'application, épaisseur, dosage des billes de verre). Le thermoplastique, très utilisé pour les passages piétons en raison de sa durabilité, peut devenir particulièrement glissant s'il est mal posé ou poli par le trafic. Un aspect brillant doit donc vous alerter.
Comment franchir un passage piéton en toute sécurité à moto ?
La règle d'or est simple : freiner avant, traverser en position neutre, accélérer après. Éviter de combiner freinage et angle sur le marquage. Si possible, couper les bandes perpendiculairement pour minimiser le temps passé sur la surface glissante. Sous la pluie, considérer tout marquage brillant comme potentiellement dangereux.
Le coefficient SRT : une protection suffisante ?
Le coefficient SRT (Skid Resistance Tester) mesure l'adhérence d'une surface. Un seuil minimum est imposé, mais il reste inférieur à celui d'un enrobé classique. Si la différence peut être imperceptible pour un automobiliste, elle est bien réelle pour un motard.
En France, les marquages routiers doivent être conformes à la norme NF et certifiés par l'ASCQUER. La norme NF EN 1436 s'applique aux produits thermoplastiques. Pour un produit très antidérapant, le SRT doit être supérieur ou égal à 0,55.
Adapter son équipement
Bien qu'on ne puisse pas changer l'état des marquages, on peut agir sur son équipement. Des pneus adaptés à la saison, une pression contrôlée, des gants offrant un bon feeling sous la pluie et des protections en cas de chute sont essentiels. Des solutions antidérapantes existent également pour les passages piétons, comme les bandes adhésives auto-adhésives ou les revêtements thermocollés.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un marquage routier potentiellement glissant avant de le franchir ?
Observez les panneaux de signalisation de danger indiquant une chaussée glissante, situés environ 150 m en rase campagne ou 50 m en agglomération. Soyez particulièrement attentif aux panneaux A4 (France) ou A15 (Wallonie), ainsi qu'aux panneaux temporaires AK4 en cas de conditions saisonnières. Ralentissez et vérifiez visuellement l'état de la chaussée.
Que signifie le coefficient SRT et quel seuil est pertinent pour les deux-roues ?
Le coefficient SRT (Skid Resistance Tester) mesure l'adhérence d'une surface. La valeur minimale est de 0,45 pour toutes les routes. Pour les deux-roues, une rugosité élevée est cruciale pour l'équilibre. Bien qu'il n'y ait pas de seuil spécifique pour les deux-roues, un coefficient SRT supérieur ou égal à 0,55 indique un marquage très antidérapant.
Comment et auprès de qui signaler un marquage dangereux en France ?
Signalez le marquage dangereux au gestionnaire de la route : la mairie pour les voies communales, le conseil départemental pour les routes départementales et la DIR ou le concessionnaire pour les nationales et autoroutes. Utilisez les formulaires en ligne disponibles ou contactez-les directement. En cas d'urgence, appelez le 112.
Quelles pratiques de conduite et équipements limitent le risque sur ces marquages ?
Respectez les indications des marquages, adaptez votre vitesse et votre trajectoire, et maintenez une distance de sécurité. Assurez-vous que vos phares et essuie-glaces sont en bon état et utilisez des pneus adaptés aux conditions humides. Les aides à la conduite modernes peuvent également aider.