Simon Crafar : du pilote victorieux au directeur des commissaires MotoGP
Simon Crafar fait partie de ces figures du paddock qui ont connu plusieurs vies dans le monde des Grands Prix. Ancien pilote MotoGP – ou plutôt 500cc à l'époque – le Néo-Zélandais a su se réinventer après sa carrière sur la piste. Aujourd'hui, c'est en tant que directeur du panel des commissaires qu'il officie sur le plateau MotoGP. Retour sur un parcours atypique.
L'exploit de Donington 1998
Né en Nouvelle-Zélande, Simon Crafar s'est illustré à la fin des années 1990, notamment lors de la saison 1998 en 500cc. Pilote pour l'équipe Yamaha WCM, il a réalisé ce qui reste sans doute le moment phare de sa carrière : une victoire à Donington en 1998. Une performance d'autant plus marquante qu'elle constitue la dernière victoire de Dunlop en catégorie reine – le manufacturier français n'a plus brillé à ce niveau depuis.
| Élément clé | Détail |
|---|---|
| Nationalité | Nouvelle-Zélande |
| Catégorie principale | 500cc (ancêtre du MotoGP) |
| Équipe 1998 | Yamaha WCM |
| Victoire historique | Donington 1998 |
| Pneumatique | Dunlop (dernière victoire en reine) |
De la piste au poste de direction
Comme beaucoup de pilotes, la retraite sportive a marqué un tournant. Mais Simon Crafar n'a pas coupé les ponts avec le monde du moto. Il est d'abord revenu dans le paddock en tant que commentateur et consultant pour le site officiel MotoGP. Une position qui lui a permis de rester au cœur de l'actualité et d'observer les courses sous un autre angle.
Ensuite, le Néo-Zélandais a franchi un cap majeur : devenir directeur du panel des commissaires en MotoGP, succédant à Freddie Spencer – lui-même ancien pilote légendaire avec trois titres mondiaux au palmarès. Un rôle clé dans la discipline, puisque le panel des commissaires est responsable des décisions disciplinaires sur la piste : pénalités, investigations d'incidents, gestion de la sécurité.
- Freddie Spencer : ancien triple champion du monde, précédent directeur du panel
- Simon Crafar : ancien pilote, commentateur, puis directeur actuel
- Le panel des commissaires : autorité disciplinaire en MotoGP
Un profil atypique au service de la discipline
Ce qui rend le parcours de Simon Crafar intéressant, c'est cette double compétence : l'expérience terrain d'un ancien pilote MotoGP qui connaît les sensations, les pressions, les réflexes en course – et une vision plus large acquise en tant que commentateur. Quand tu entends un pilote rouspéter après une pénalité, tu sais que le gars en face a lui-même dû gérer des bagarres sur la piste. Ça ne rend pas les décisions plus populaires, mais sans doute plus éclairées.
Côté faiblesse, son mandat n'a pas fait l'unanimité à 100%. Certains observateurs regrettent parfois des décisions jugées inégales d'un weekend à l'autre – le serpent de mer de tout corps arbitral dans le sport. Mais le Néo-Zélandais a su s'imposer dans un rôle où la prise de décision rapide et la gestion des egos sont monnaie courante.
Simon Crafar : le témoignage bouleversant sur l'après-carrière
C'est un aveu rare et courageux que livre Simon Crafar, ancien pilote MotoGP devenu directeur des commissaires. Dans une interview accordée à Crash.net durant l'été 2026, le Néo-Zélandais revient sans détour sur le traumatisme qu'a représenté sa retraite sportive. Un sujet tabou dans le milieu, qu'il brise avec une honnêteté désarmante.
Une traversée du désert
La retraite de la compétition motocycliste a été une période très difficile pour Simon Crafar. Il le dit clairement : cet arrêt a été « terrible ». Le pilote explique avoir perdu son « identité d'athlète », être tombé en dépression et ne pas être fier de ces années. Une confession qui touche juste, surtout quand on connaît la pression qui accompagne toute carrière au plus haut niveau.
Il se décrit comme étant passé « de quelqu'un qui voulait réussir, animé d'une motivation sans faille, à quelqu'un de complètement perdu ». Le contraste est saisissant entre l'ambition qui nourrit un sportif et le vide qui suit la ligne d'arrivée finale.
Le paradoxe du choix familial
Pourtant, Simon Crafar ne s'était pas retiré sur un coup de tête. Il s'était initialement retiré pour passer plus de temps avec sa femme et ses enfants. Une motivation noble, mais qui n'a pas suffi à combler le vide laissé par la piste. C'est tout le paradoxe de la retraite sportive : les raisons qui poussent à arrêter ne préparent pas à ce qui vient après.
| Avant la retraite | Après la retraite |
|---|---|
| Motivation sans faille | Sentiment d'être « complètement perdu » |
| Identité d'athlète forte | Perte de repères identitaires |
| Objectifs clairs et mesurables | Dépression et regrets |
Ce témoignage vient rappeler une évidence trop souvent oubliée : derrière chaque ancien pilote MotoGP ou champion de taule, il y a un être humain qui doit réapprendre à vivre sans l'adrénaline, sans les stands, sans ce qui a construit son identité pendant des décennies. Respect, Simon, pour cette sincérité.
L'accident de 2009 : un tournant physique et existentiel pour Simon Crafar
En 2009, la vie de Simon Crafar a basculé en quelques secondes. L'ancien pilote MotoGP, alors reconverti dans l'enduro extrême, participait à sa troisième Red Bull Romaniacs — une course réputée pour ses parcours techniques et engagés dans les Carpates roumaines. Sauf que le drame ne s'est pas produit en pleine épreuve, mais lors d'une simple reconnaissance.
Ce jour-là, Simon Crafar a été percuté par une voiture. Le choc a été violent. Instantanément, il a perdu toute sensation « du milieu de [sa] poitrine jusqu'aux pieds ». Sur le moment, la peur est totale : il a cru qu'il « ne remarcherait plus jamais ». Une expérience qu'il qualifie lui-même d'« absolument terrifiante ».
Cet événement a marqué un tournant décisif dans sa vie. Pas seulement sur le plan physique — même si les séquelles ont été lourdes — mais aussi existentiel. Ce témoignage sur son accident moto rappelle à quel point une carrière de pilote peut basculer en un instant, quel que soit le niveau ou l'expérience.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Année de l'accident | 2009 |
| Contexte | Red Bull Romaniacs (3e participation) |
| Cause du choc | Collision avec une voiture lors d'une reconnaissance |
| Conséquence immédiate | Perte de sensation de la poitrine aux pieds |
Aujourd'hui, Simon Crafar s'est reconstruit. Devenu directeur des commissaires en MotoGP, il incarne une autre facette du sport moto — celle de l'encadrement et de la sécurité — sans jamais oublier ce qui aurait pu lui coûter bien plus que sa carrière.
Accident 2009 : le tournant de la carrière de Simon Crafar
L'accident de 2009 a constitué un véritable électrochoc pour Simon Crafar. Ce jour-là, l'ancien pilote MotoGP — vainqueur en 500cc et passé par le World Superbike — comprend que sa vision de l'existence doit changer radicalement. Plus question de courber après le chrono à n'importe quel prix.
Une priorité redéfinie
La prise de conscience est nette : sa mission première devient désormais d'être un bon mari et un bon père. Une reconversion mentale pas toujours évidente quand on a passé sa jeunesse le genou à terre et l'adrénaline à bloc. Mais Simon Crafar assume ce virage à 180° sans regrets.
Motovudu : transmettre l'expérience
Cet événement marque aussi le point de départ de nouveaux projets professionnels. L'idée fait son chemin : créer une école de pilotage baptisée Motovudu. Un nom qui en dit long sur la philosophie — mélange de technique pure et de feeling, exactement ce que le pilote néo-zélandais a développé durant sa carrière. L'objectif ? Transmettre aux motards de tous niveaux les fondamentaux du pilotage sur circuit, avec une approche pédagogique accessible.
- Technique de freinage et trajectoires optimisées
- Gestion du regard et anticipation
- Position du corps en courbe (le fameux body steering)
- Progression personnalisée selon le niveau
Un rôle clé en MotoGP
Profondément marqué par la question de la sécurité, Simon Crafar ne coupe pas les ponts avec le paddock. Bien au contraire. Aujourd'hui directeur des commissaires en MotoGP, il met son expérience au service des pilotes du plateau. Sa mission : faciliter la vie des pilotes qui prennent tous les risques. Une position délicate qui demande diplomatie et autorité — deux qualités qu'il a affinées sur les circuits du monde entier.
De pilote à 300 km/h à gardien de la sécurité en MotoGP, Simon Crafar prouve qu'une carrière moto peut survivre à un accident grave. À condition de savoir rebondir et garder la tête sur les épaules — même quand le cœur balance encore pour la piste.
Sources et contexte médiatique de l'interview
Les déclarations de Simon Crafar sur son accident et sa carrière proviennent d'une interview qu'il a accordée au média Crash.net. Cette interview a été publiée durant l'été 2026. Une photo de couverture associée à cet article est disponible sur le compte Instagram de Simon Crafar.
Retrouve l'interview complète sur Crash.net pour découvrir le témoignage intégral de l'ancien pilote MotoGP devenu directeur des commissaires MotoGP. Son parcours, marqué par une blessure carrière moto ayant conduit à une retraite pilote moto anticipée, offre un éclairage précieux sur les réalités du haut niveau.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Média source | Crash.net |
| Date de publication | Été 2026 |
| Contenu visuel | Photo sur le compte Instagram de Simon Crafar |
| Thèmes abordés | Accident moto, carrière, rôle actuel |
Questions fréquentes
Qui est Simon Crafar ?
Simon Crafar est un ancien pilote moto néo-zélandais, ayant couru en **500cc** et en **MotoGP** à la fin des années 1990, notamment avec l'équipe Yamaha WCM. Il est surtout connu aujourd'hui comme commentateur technique et, depuis **2009**, comme directeur du panel des commissaires de MotoGP, un rôle clé dans l'application du règlement sportif.
Quand et comment a-t-il eu son grave accident ?
L'accident s'est produit lors d'un essai privé pour l'équipe Yamaha WCM, durant l'**été 1998**. Une chute à haute vitesse lui a causé de graves blessures au dos. Il a déclaré : *"Je ne sentais plus rien du milieu de ma poitrine jusqu'aux pieds. Je pensais que je ne remarcherais plus jamais."* Cet événement a été un tournant décisif dans sa vie.
A-t-il pu remarcher et revenir en compétition ?
Oui, contre toute attente, il a retrouvé l'usage de ses jambes après une longue rééducation. Il a même fait un retour en compétition, participant par exemple aux **Red Bull Romaniacs**, une exigeante course d'enduro extrême. Cependant, cet accident a profondément changé sa vision de la vie et de ses priorités.
Pourquoi parle-t-il de dépression après sa carrière ?
Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, l'arrêt de la compétition a été un choc. Il l'explique : *"Quand j’ai arrêté la compétition, ça a été terrible. Tout, mon identité d’athlète, a disparu. J’étais déprimé."* Cette période difficile contraste avec sa motivation sans faille de pilote.
Quel est son rôle exact en MotoGP aujourd'hui ?
Il est le **directeur du panel des commissaires**. Son équipe analyse en temps réel chaque incident sur piste (chutes, écarts de trajectoire, drapeaux jaunes) et décide des éventuelles pénalités. Son expérience de pilote est précieuse pour prendre des décisions justes et comprises par le paddock.
Que fait-il en dehors de la MotoGP ?
Il est très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur **Instagram**, où il partage des analyses techniques. Il a aussi cofondé la marque **Motovudu**, proposant des accessoires et des vêtements inspirés par la culture moto et sa philosophie de vie.
Quel conseil donnerait-il à un jeune pilote ?
À travers son histoire, le conseil implicite est de garder un équilibre. La motivation et la prise de risque sont nécessaires pour performer, mais il est crucial de ne pas tout sacrifier. Être un bon pilote, mais aussi se construire en dehors de la piste, comme il l'a fait en priorisant son rôle de père et d'époux après son accident.
Où peut-on voir ou lire son interview complète ?
L'interview originale où il revient en détail sur son accident et son parcours a été publiée sur le site spécialisé **Crash.net**. Des extraits et des analyses sont également régulièrement partagés sur ses propres canaux et par les médias spécialisés en sport moto.