Aller au contenu
MotoGP Brésil : Yamaha en difficulté à Goiânia, Quartararo lucide

MotoGP Brésil : Yamaha en difficulté à Goiânia, Quartararo lucide

Le MotoGP fait son grand retour au Brésil après vingt ans d'absence, mais cette page d'histoire ne devrait pas profiter à Yamaha. Sur le circuit de Goiânia, le constructeur d'Iwata s'apprête à vivre un nouveau week-end délicat, plombé par des lacunes persistantes et l'absence d'évolutions techniques significatives. Fabio Quartararo, lucide sur la situation, n'attend pas de miracle.

Un retour au Brésil qui ne change pas la donne pour Yamaha

Goiânia accueille le championnat du monde de vitesse moto pour la première fois. Aucune équipe du plateau ne dispose de données sur ce tracé de 3,84 kilomètres, ce qui place théoriquement tous les concurrents sur un pied d'égalité. Pour Yamaha, qui accusait un déficit de performance marqué lors de la manche inaugurale en Thaïlande, ce départ de zéro aurait pu constituer une opportunité de réduire l'écart avec la concurrence.

Mais la réalité est plus cruelle. Les caractéristiques du circuit brésilien ne correspondent pas aux points forts de la YZR-M1. Fabio Quartararo l'a analysé sans détour : "En regardant le type de virages, les lignes droites et les freinages ici, ça va être très compliqué. Ce sont des virages très serrés, et on a du mal à faire tourner la moto."

Des essais privés à Jerez sans résultat concret

Entre le Grand Prix de Thaïlande et l'épreuve brésilienne, Yamaha a organisé des essais privés sur le circuit de Jerez. L'objectif était de trouver des pistes d'amélioration après les déboires de Buriram. Pourtant, ces journées de roulage n'ont débouché sur aucune avancée notable.

"Rien n'a vraiment été testé, regrette le Niçois. Donc je ne pense pas que ce sera mieux ou qu'on aura plus de connaissances qu'en Thaïlande." Un constat amer qui traduit la difficulté du constructeur japonais à proposer des solutions techniques à son pilote vedette.

Le champion du monde 2021 va même plus loin dans son diagnostic : "Il n'y a pas un seul point sur lequel on se sent forts. Les ingénieurs essaient surtout de trouver des changements possibles pour améliorer le ressenti, mais en général c'est la même chose pour tout le monde." Un aveu qui illustre le manque de direction claire dans le développement de la machine d'Iwata.

Un tracé court mais une course éprouvante de 31 tours

Au-delà des problèmes techniques, Fabio Quartararo anticipe un défi physique et mental particulier à Goiânia. Avec 31 tours à boucler sur un circuit de moins de quatre kilomètres, cette course sera la plus longue en nombre de boucles depuis les 32 tours programmés à Laguna Seca en 2013.

"Honnêtement, mentalement, c'est mieux d'être sur un grand circuit comme Silverstone avec vingt tours que sur un petit tracé avec trente, lâche le Tricolore. Quand tu en as déjà fait dix et qu'il en reste vingt, c'est long et un peu ennuyeux." Une épreuve d'endurance mentale qui s'ajoute aux difficultés mécaniques du pilote français.

Pour un pilote confronté à une moto peu compétitive, multiplier les tours sur un tracé où la YZR-M1 peine à tourner représente un véritable calvaire. Chaque boucle devient une répétition des mêmes limites, sans possibilité de faire la différence.

Le moral préservé grâce à l'ambiance brésilienne

Malgré ce tableau peu réjouissant, Quartararo ne se laisse pas abattre. Le retour du MotoGP au Brésil génère une ferveur populaire qui rejaillit sur le paddock, et le Niçois y est sensible. "Je suis heureux d'être ici, confie-t-il. Sur la piste, si tu galères, tu galères, que ce soit au Brésil ou ailleurs."

Le Français garde sa philosophie intacte et apprécie le contexte exceptionnel de cette épreuve : "C'est vrai que j'adore ce pays, et l'énergie qu'il y a autour de ce Grand Prix est incroyable." Un enthousiasme sincère qui témoigne de la capacité de Quartararo à dissocier ses difficultés sportives de son plaisir d'être pilote.

Yamaha face à un défi structurel en MotoGP

Les difficultés de Yamaha à Goiânia ne sont pas un cas isolé. Elles s'inscrivent dans une tendance de fond qui voit le constructeur japonais décrocher par rapport à ses rivaux. Depuis la perte de compétitivité amorcée ces dernières saisons, la firme aux diapasons peine à trouver le chemin du renouveau.

L'absence d'évolution concrète après les tests de Jerez soulève des questions sur la capacité du département technique d'Iwata à répondre aux attentes de ses pilotes. Dans un championnat du monde toujours plus relevé, où Ducati, Aprilia et KTM progressent à chaque course, Yamaha semble courir après un retard qui ne cesse de se creuser.

Pour Fabio Quartararo, lié au constructeur par contrat, la patience reste de mise. Le pilote français, qui a prouvé par le passé sa capacité à tirer le meilleur d'une machine imparfaite, devra une nouvelle fois puiser dans ses ressources personnelles pour limiter les dégâts au Brésil. En attendant des jours meilleurs et des évolutions techniques capables de relancer la compétitivité de la YZR-M1 sur la scène mondiale du MotoGP.

Henri
Redacteur

Articles lies